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Extrait du journal "Le canard enchainé" : Parution du 24 Février 2010

 

Quand les ampoules auront des dents...
  Bientôt, toutes les
ampoules à incandescence seront 
interdites et remplacées par des "lampes basse consommation" grenello-compatibles. Un progrès d'une évidence pas franchement aveuglante...

 

  LES vendra-t-on sous le manteau ? Déjà, on ne trouve plus d'ampoules à filament incandescent de plus de 100 W : elles sont in­terdites depuis le 1" sep­tembre dernier (on en trouve encore au quasi-marché noir). Cette année, ce sera au tour des 75 W de disparaître puis, l'année prochaine, des 60 W... et, le 31 décembre 2012, ce sera l'extinction des feux avec l'ampoule à incandescence 40 Watt: toutes nos bonnes vieilles am­poules à filament seront rem­placées par des LBC, lampes basse consommation. Et cela grâce à la directive euro­péenne du 8 décembre 2008, prise dans le cadre du plan Cli­mat-Energie, et que la France, très « volontariste » en la ma­tière, est une des premières, avec l'Irlande et l'Autriche, à avoir transcrite dans son droit national, en mars dernier. Un grand pas en avant dans l'éclairage de l'humanité ! Car ces ampoules consomment cinq fois moins d'électricité, et durent (en théorie) huit fois plus longtemps. Certes, elles coûtent environ cinq fois plus cher, leur lumière est glauque et moche, et à partir de huit allumages par jour elles fati­guent vite (ce qui raccourcit leur durée de vie). Mais elles vont sauver la planète ! Enfin presque...

« On ne réfléchit plus dès qu'il s'agit d'économie d'éner­gie et de rejet de CO2 », dit au « Canard » Rémy Prud'homme, professeur émérite d'économie et ancien directeur adjoint de l'environnement à l'OCDE, pour qui « le changement obli­gatoire d'ampoules est une fausse bonne idée ». Ses argu­ments : 95 % de l'électricité consommée par une lampe à filament servent à produire de la chaleur (5 % seulement de l'éclairage) ; pour une lampe à basse consommation, c'est l'inverse. Les LBC ne chauffent donc quasiment pas. « En période hivernale, on compensera ce manque de cha­leur par du chauffage en plus... »

Même sans tenir compte de ce petit désagrément, attend-on des LBC (actuellement 30 millions sur les 250 millions d'ampoules vendues chaque année en France) une impor­tante économie d'énergie ? Pas vraiment : l'éclairage ne re­présente qu'environ 10 % de la consommation nationale d'électricité, un chiffre bien loin de ceux du chauffage ou des appareils électroména­gers. Pourquoi alors se focali­ser sur la lumière ? « II y a un fort pouvoir éducatif avec les lampes, indique-t-on au Syn­dicat de l'éclairage. Et c'est plus facile d'agir sur l'éclai­rage que sur le chauffage. » Ah, c'est pour le «pouvoir édu­catif»...

La prostate
de l'ampoule ?

  Certains ne l'entendent pas de cette oreille.

  Comme tous ceux,
écolos et médecins, qui dénoncent la présence de mercure, un vrai poison, dans les LBC. Ré­plique du Syndicat de l'éclai­rage : « En, accord avec la ré­glementation européenne., les nouvelles ampoules ne contien­nent en moyenne que 3 mg de mercure. Il n'y a clairement aucun danger ! » Pour « lever les angoisses », l'Asef, Asso­ciation santé environnement France, qui i-egroupe 2 500 médecins, a mené une étude d'où il ressort que ces ampoules sont inoffensives... sauf lorsqu'elles se brisent. Ils conseillent alors d'aérer et de quitter la pièce pendant un quart d'heure, puis de procé­der au nettoyage (attention : pas d'aspirateur car cela peut répandre le mercure à travers la pièce), de préférence avec des gants, de placer les débris dans un contenant hermétique, puis de continuer de ventiler pendant plusieurs heures. Sympa.

Autre critique : le champ magnétique émis par les « basse conso ». Dans un clip qui a fait sensation l'an der­nier sur le Net, Annie Lobé, journaliste scientifique indé­pendante, a montré qu'en me­surant à l'aide d'un gauss-mètre le champ magnétique à proximité d'une LBC on ar­rive à des résultats affolants. Et de déconseiller formelle­ment l'usage de ces ampoules,lesquelles pourraient être liées, avance-t-elle, « au pic mondial de l'incidence du can­cer de la prostate en Guade­loupe ». Hum... De son côté, Pierre Le Ruz, docteur en phy­siologie, expert en radiopro-tection et président du Crii-rem (Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques), a lui aussi sonné l'alarme sur ces «puis­sants champs électromagné­tiques, susceptibles de grave­ment perturber les biens et les personnes ». Et de conseiller de se tenir à un mètre des am­poules et d'éviter de les utili­ser comme lampes de chevet ou de bureau. Diantre !

Du côté du Syndicat de l'éclairage, appuyé par le la­boratoire de l'Ecole supé­rieure d'électricité (Supelec), il est clair que ces critiques viennent de parfaits allumés :

  «A moins de 30 cm, il est un-possible de mesurer les champs car ils ne sont pas for­més. Les mesures du Criirem ne signifient rien. » Mais, Pierre Le Ruz n'en démordant pas, l'Ademe, Agence de l'en­vironnement et de la maîtrise de l'énergie, a tenté d'éclairer le débat en demandant à l'Af-sset, Agence française de sé­curité sanitaire de l'envi­ronnement et du travail, d'étudier une méthode per­mettant de mesurer les champs magnétiques à proxi­mité des « basse conso ». Etude qui a abouti en mars dernier à un protocole ap­prouvé, entre autres, par le Criirem, partie prenante du débat. Une campagne de me­sures devait suivre, à laquelle le Criirem devait être associé et dont les résultats devaient être communiqués fin dé­cembre, mais toujours rien à l'horizon. Pour Pierre Le Ruz, ça sent le gaz : « Nous n'avons toujours pas été contactés par le bureau chargé de faire les mesures. Le Criirem a mis le doigt là où il ne fallait pas, et maintenant l'Ademe nous écarte... »

Pendant ce temps-là, les fa­bricants d'ampoules ne chô­ment pas : ils sont déjà en train de mettre au point le produit qui succédera à la lampe « basse conso ». La LED, diode électrolumines­cente, devrait être efficace en 2012, espère-t-on au Syndicat de l'éclairage. Ça tombe bien : notre vieille ampoule à fila­ment aura alors disparu. Il sera donc temps de déclarer obsolète l'ampoule basse conso et de la remplacer par la LED, à 30 euros pièce. Brillant, non ?


Professeur Canardeau

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